Le spiritisme est né dans l’Amérique du XIXᵉ siècle au moment précis où la photographie fut inventée. Cette coïncidence est loin d’être fortuite. Ces deux pratiques promettaient l’accès à l’invisible. Toutes deux ont été célébrées comme des instruments de vérité et condamnées comme des théâtres d’illusion. Les deux utilisent le mot « médium » pour décrire leur rôle d’intermédiaire. Les photographies rassemblées ici habitent ce chevauchement chargé, où la chambre noire et la salle de séance deviennent des versions d’un même lieu.

 

Cette salle de lecture vise à offrir un éclairage complémentaire sur l’enquête de vingt ans de Shannon Taggart sur la photographie spirite. Elle est organisée en six chapitres, chacun abordant une dimension différente de ce monde : le territoire où le spiritisme a pris racine, le corps du médium, le rituel collectif du cercle de séance, la matérialité contestée de l’ectoplasme, les objets et artefacts produits par le spiritisme, et le long et étrange enchevêtrement du mouvement avec la technologie et la photographie.