Shannon Taggart American, b. 1975
12 x 18 in
FRANÇAIS CI-APRÈS
For this photo, I joined a group invited by the medium Sylvia Howarth to experience a camera obscura séance space she had built in her bedroom. Inside, we watched the outdoor scene projected onto the walls through a tiny hole in the window shade. Before entering a trance, Sylvia told us these moving images could enable time travel, claiming she has seen visions of future developments in transportation, technology, and artificial intelligence.
Like Sylvia, members of the Scole Experiment also sought to merge time and space through photography. Their “photographic department” of spirit communicators allegedly produced remarkable phenomena, including a levitating camera that took photos in the dark and an image of Sir Arthur Conan Doyle appearing in a sealed pack of Polaroid film.
Unexposed 35mm Kodachrome film stored in the séance room reportedly developed into scrolls filled with glyphs, images, and writing—featuring poems attributed to Wordsworth, diagrams from Thomas Edison, and the signature of Louis Daguerre alongside the question, “Can you see behind the moon?” These results were said to form inside a sealed box under strict controls by researchers from the Society for Psychical Research. Some Spiritualists consider these artifacts among the strongest evidence of life after death.
Over time, I’ve encountered many photographic séance phenomena, prompting reflections on the parallels between photography and Spiritualism. Both engage with what was once present but is now gone, and both use the term “medium” as an intermediary. Trance often unfolds under red light, like images in a darkroom; ectoplasm is described as organic and light-sensitive; and wombs, cameras, and séance rooms all generate presence from within darkness.
FRANÇAIS
Pour cette photo, j’ai rejoint un groupe invité par la médium Sylvia Howarth afin d’expérimenter un espace de séance en camera obscura qu’elle avait aménagé dans sa chambre. À l’intérieur, nous observions la scène extérieure projetée sur les murs à travers un minuscule trou dans le store. Avant d’entrer en transe, Sylvia nous expliqua que ces images en mouvement pouvaient permettre des voyages dans le temps, affirmant avoir vu des visions de développements futurs dans les transports, la technologie et l’intelligence artificielle.
Comme Sylvia, les membres de l’expérience de Scole cherchèrent eux aussi à fusionner temps et espace par la photographie. Leur « département photographique » — des communicateurs spirituels — aurait produit des phénomènes remarquables, dont un appareil lévitant prenant des clichés dans l’obscurité, ainsi que l’apparition d’une image de Sir Arthur Conan Doyle dans un paquet scellé de film Polaroid.
Des pellicules Kodachrome 35 mm non exposées, conservées dans la salle de séance, se seraient transformées en rouleaux remplis de glyphes, d’images et de textes — incluant des poèmes attribués à Wordsworth, des schémas de Thomas Edison, et la signature de Louis Daguerre accompagnée de la question : « Pouvez-vous voir derrière la Lune ? » Ces résultats auraient été obtenus dans une boîte scellée, sous des protocoles stricts supervisés par des chercheurs de la Society for Psychical Research. Certains spirites considèrent ces artefacts comme parmi les preuves les plus importantes d’une vie après la mort.
Au fil du temps, j’ai été confronté à de nombreux phénomènes photographiques en séance, ce qui m’a amené à réfléchir aux parallèles entre photographie et spiritisme. Tous deux traitent de ce qui a été présent mais ne l’est plus, et utilisent le terme « médium » comme intermédiaire. La transe se développe souvent sous une lumière rouge, comme les images en chambre noire ; l’ectoplasme est décrit comme organique et sensible à la lumière ; et les matrices, les caméras et les salles de séance sont autant de dispositifs qui font émerger une présence depuis l’obscurité.
